Mise à jour :
Le PDG de Sony a affirmé ne pas vouloir vouloir revendre sa division smartphone, même si cette dernière pourrait être introduite en bourse, ou du moins devenir une filiale du groupe.


 

Le 18 février dernier, le PDG de Sony Kazuo Hirai annonçait son intention restructurer le groupe en profondeur. Au programme notamment, la vente de la filiale fabriquant les smartphones.

 

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Bientôt la fin des smartphones Sony ?

Que va-t-il se passer ?

Sony essuie de lourdes pertes, puisqu'il s'attend à réaliser une perte nette de 170 milliards de yen (soit environ 1,3 milliards d'euros) sur l'exercice fiscal 2015 qui s'achève en mars prochain. Les actionnaires resteront aussi sur leur faim, puisqu'ils ne toucheront pas de dividendes en 2015. Kazuo Hirai espère donc redresser la barre d'ici à 2018.

Pour ce faire, il souhaite se concentrer sur les segments les plus profitables tels que le divertissement audiovisuel et les consoles de jeux, et vendre ceux qui tirent le groupe vers le bas, au premier rang desquels la division smartphone et la division TV. D'autres branches du groupe pourraient également être abandonnées, notamment celles fabriquant les puces électroniques et les batteries.

Si le PDG montre une détermination sans faille, il va pourtant au-devant d'obstacles majeurs liés à la structure des entreprises et des marchés japonais.

Les Keiretsu

On les appelait auparavant des Zaibatsu, mais on parle aujourd'hui de Keiretsu. Rien n'a vraiment changé, et cette structure d’entreprise est toujours commune au Japon. Un Keiretsu est un conglomérat de sociétés diversifiées et liées par des participations croisées. Il existe différents types de Keiretsu, et Sony appartient à la catégorie traditionnelle : le groupe se construit autour d'une banque. En effet, même si cela est peu connu en occident, Sony a une division proposant des services financiers (banque et assurance) qui s'avère très profitable.

divisionsSony

Les Keiretsu sont des groupes très stables : leur financement est assuré par la banque et par les participations croisées, et leur activité diversifiée les protège dans une certaine mesure des crises. Ils offrent généralement des emplois à vie à leurs employés, et entretiennent des relations de très long terme avec leurs fournisseurs et clients. Cependant, ils engendrent également des problèmes de gouvernance.

La principale limite du Keiretsu est liée à sa structure : comme le groupe peut se financer à moindre frais auprès de la banque qu'il abrite, il tend parfois à accumuler trop de dettes, ce qui nuit à sa santé financière. D'autre part, si différentes divisions ont des relations commerciales, la certitude de trouver un acheteur au sein du groupe peut conduire à des pertes de compétitivité ou à une baisse de la qualité des produits vendus au sein du Keiretsu.

Un lourd passif du côté des filiales de grands groupes

 

Rendement
Les filiales des grands groupes japonais sont à fuir...

Mais là où le bât blesse le plus au Japon, c'est du côté des filiales que les grands groupes introduisent en bourse, un moyen probablement envisagé par Sony pour limiter son implication dans les divisions Smartphones et TV.

Comme le montre le graphique ci-dessus, les filiales que les grands groupes cotent sur les marchés financiers sont généralement de très mauvais investissements. Et ce mauvais rendement s'accroit lorsque la filiale a des relations commerciales avec la société mère, ce qui serait le cas de la branche smartphone de Sony, étant donné que les capteurs photo notamment, mais aussi divers composants des Xperia sont produits par Sony.

Ajoutons à cela le fait qu'il semble que Kazuo Hirai veuille se désengager significativement de cette division, et on atteint le pire scénario : une participation minoritaire associée à un partenariat commercial.
Il faudra donc être extrêmement prudent quant à l'avenir des téléphones Sony, et l'optimisme n'est pas de mise. Une des seules lueurs d'espoir pourrait résider dans la volonté d'un fabriquant chinois d'acquérir son concurrent japonais, mettant ainsi la main sur les brevets mais aussi sur le savoir-faire du nippon ainsi que sa solide réputation en occident. Toutefois, aucune rumeur ne pointe encore dans cette direction....

 

Cet article a été rédigé pour Cowcotland et peut être retrouvé à l’adresse suivante : http://www.cowcotland.com/news/46498/cowcot-entreprises-sony-smartphones.html

 

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