Le 3 septembre 2013, Nokia annonce que Microsoft va faire l’acquisition de la division « Devices and Services » du groupe Nokia, le 25 avril 2014.  Mais le fabriquant de l’inoubliable 3310 n’est pas seulement un producteur de smartphones : cette activité ne représente que 50% de son chiffre d’affaire (soit 14,9 milliards d’euros en 2012).

 

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Nokia n’a donc pas été racheté en totalité par Microsoft : il reste encore dans l’entreprise NSN (Nokia Solutions and Networks), qui met en place des réseaux pour les opérateurs de téléphonie mobile, HERE, qui est un service de géolocalisation présent dans la plupart des GPS européens, et Nokia Technologies, qui gère le portefeuille de brevets du groupe.

La transaction ne concerne cependant pas uniquement le rachat de la division Devices and Services mais également d’autres accords :

  • Nokia conserve ses brevets (notamment ceux concernant les smartphones), mais accorde à Microsoft une licence de dix ans pour les utiliser
  • Microsoft autorise en retour Nokia à utiliser les brevets Microsoft afin de développer le service de cartographie HERE.
  • Nokia accorde une licence de 4 ans à Microsoft pour l’utilisation de HERE
  • Microsoft aide Nokia à augmenter sa liquidité (ses fonds disponibles à court terme) jusqu’à la transaction, via l’émission de titres obligataires (trois tranches de 500 millions d’euros).
  • Nokia garde la propriété et la gestion de la marque « Nokia ».

Le montant total de cette transaction est de 5,44 milliards d’euros. Ne vous inquiétez pas pour Microsoft, qui a annoncé puiser dans ses ressources financières hors US pour financer la transaction. Si vous avez encore en tête le schéma d’une [url=http://www.cowcotland.com/news/44581/google-microsoft-optimisent-leurs-taxes.html]news précédente[/url], il y a fort à supposer que ce pactole vient d’une branche de Microsoft située dans un paradis fiscal, et correspond donc à des profits non taxés.

Quel avenir pour Nokia ?

Il reste donc dans le groupe Nokia trois divisions : NSN, HERE et Nokia Technologies. La première est la plus dynamique, et celle qui produit le plus gros chiffre d’affaire (88% du chiffre d’affaire total au dernier trimestre). Le plus gros de l’expansion se situe en Asie, où le développement des réseaux de téléphonie mobile a un fort potentiel de croissance.

Le service HERE a lui aussi de beaux jours devant lui, d’autant plus que Microsoft va l’intégrer dans ses smartphones. Enfin, Nokia Technologies est une division capitale du groupe, même si sa contribution au chiffre d’affaire total est très faible (moins de 5%). Et cela risque de s’accentuer, comme nous avons pu le voir avec l’annonce de la tablette Nokia N1 : cette tablette sort en effet de Nokia Technologies.

 

La nouvelle tablette de Nokia, fabriquée par Foxconn
La nouvelle tablette de Nokia, fabriquée par Foxconn

 

A ce point, une question se pose : comment Nokia peut vendre une tablette (sous android qui plus est) alors que la société vient de céder sa division Devices and Services ? La réponse est assez simple : les ingénieurs de Nokia Technologies ont mis au point la tablette. Mais c’est Foxconn qui gèrera tout le reste, de la mise au point du processus de production à la distribution en passant par le service après-vente. Nokia ne fournit donc en réalité que ses brevets, et Foxconn s’occupe du reste.

Ce modèle va-t-il pouvoir concurrencer les fabricants chinois ? Rien n’est sûr, mais le jeu en vaut vraisemblablement la chandelle : si la tablette se vend mal, Foxconn en fera bien plus les frais que Nokia, étant donné que cette activité n’est plus le cœur de métier du groupe finlandais.

 

Cet article a été rédigé pour Cowcotland et peut être retrouvé à l’adresse suivante : http://www.cowcotland.com/news/45257/nokia-ph-nix-renait-cendres.html

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