Le rôle central du conseil juridique : cet argument fatal à l'encontre du développement des services d'automatisation juridique sera sans doute bien moins pertinent d'ici quelques années. Le développement des intelligences artificielles (IA) pourrait en effet permettre de prendre des décisions juridiques plus fines et fondées sur plus de données que ce que permet à l'heure actuelle un quelconque service humain. 

Au-delà de l’automatisation de documents juridiques et des plates-formes de mise en relation, une menace pleine de promesses et d’opportunités se profile pour le secteur du droit. Les intelligences artificielles, mises au service du juridique et liées au big data, pourraient bel et bien aboutir sur la création de services aptes à prendre des décisions étayées par des milliers de textes à caractère jurisprudentiel analysés par des IA.

Récemment acquise par LexisNexis, l’entreprise Lex Machina, spécialisée dans le traitement de données juridiques publiques et permettant aux avocats et spécialistes de prendre des décisions juridiques sur base de statistiques. La méthode n’est pas encore « cost efficient », et ne prend pas encore en compte les données d’entreprises et de groupes privés. Cependant, elle pourrait à terme se révéler tout aussi efficace et abordable, voire plus, que les services d’un expert ou conseiller juridique. D’autres startups comme Kira Systems et LawGeeks permettent l’analyse automatique de contrats et autres documents juridiques à partir d’un système de comparaison avec une base de données de documents juridique, et ainsi la classification automatique des fichiers et une évaluation de la pertinence de ceux-ci.

Ces services en sont encore à leurs balbutiements, mais ils pourraient, à terme, représenter le futur des professions juridiques et changer radicalement le paysage du secteur à l’échelle mondiale. Il n’est pas trop tôt pour les professionnels du droit pour se pencher sérieusement sur la question afin d’anticiper les méthodes d’adaptation à cette nouvelle réalité, de même qu’il n’est pas trop tard pour les entrepreneurs pour se lancer sur ce marché en pleine ébullition afin de s’en approprier une part.

De même, les étudiants en droit, à leur actuelle, feraient bien de diversifier leur portefeuille d’études et de compétences par eux-mêmes au cours des années à venir : les métiers du droits vont à l’avenir demander beaucoup plus de polyvalence et de connaissances en informatiques ainsi qu’en statistiques. Car il faudra un certain temps aux institutions universitaires pour adapter pleinement leurs programmes aux réalités de demain. Nous entrons dans une ère où les métiers les plus séculaires sont soumis aux aléas des évolutions technologiques.

 

Source : ParisTech Review

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