La fin de semaine n’a pas été de tout repos pour tout le monde : SanDisk, une entreprise américaine que l’on connait bien en France pour ses SSD, ses cartes mémoires et ses clés USB, est dans une mauvaise passe.

Des perspectives maussades

Jeudi dernier, le constructeur a annoncé qu’il avait surestimé ses prévisions de ventes pour le premier trimestre 2015, diminuant son estimation d’environ 10%. La nouvelle s’est vite diffusée, et a inquiété les investisseurs de l’entreprise, comme le montre le cours de l’action SanDisk, qui est côtée aux Etats-Unis sur le NASDAQ :

coursSandisk

Il est également à noter que les volumes d’actions échangées a été particulièrement élevé avec plus de 32 millions de titres échangés. Un chiffre qui n’avait pas été atteint depuis 2010.

 

Une trop grande dépendance vis-à-vis d’Apple ?

Le chiffre d’affaire de SanDisk croit assez régulièrement à un rythme soutenu. Mais plus intéressant, la structure des produits proposés évolue aussi, et l’une des raisons des difficultés de SanDisk vient de là : Apple a pris ces dernières années une part de plus en plus importante parmi les clients de SanDisk, car la firme à la pomme a choisi SanDisk pour équiper certain de ses MacBook avec des SSD SanDisk. Ainsi, Apple représentait à elle seule 13% du chiffre d’affaire en 2012, et 20% en 2013.

Cela peut apparaitre comme une opportunité intéressante pour SanDisk, car Apple commande des quantités titanesques pour assouvir la demande de ses clients. Mais le revers de la médaille est que si Apple met fin au contrat, ou en diminue la taille, SanDisk perd immédiatement une grosse partie de son chiffre d’affaires. Apple de son côté jongle habilement avec Samsung, Toshiba et SanDisk.

Autre point négatif lié à une dépendance vis-à-vis d’Apple : Lucas Maestri, le CFO (directeur financier) de l’entreprise. Afin de maximiser les profits d’Apple, son travail consiste à être payé au plus vite, et à payer le plus tard possible. Ainsi, Apple représentait en 2014 19% du chiffre d’affaire de SanDisk, mais 34% des paiements à recevoir de SanDisk. Un signe qu’Apple a une puissance de négociation très ferme, mais aussi un directeur financier efficace.

En outre, il est clair que SanDisk mise beaucoup sur ses SSD, dont les contrôleurs NAND sont développés et produits en collaboration avec Toshiba, directement dans l’usine du Nipon. Leur contribution au chiffre d’affaires de SanDisk est passée de 9% en 2012 à 19% en 2013.

 

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L’avenir n’est donc pas reluisant pour l’entreprise américaine, surtout si elle ne parvient pas à nouer de nouvelles relations avec des fabricants de de laptops et desktops, ou si son contrat avec Apple venait à être encore réduit. Il faut également noter que l’entreprise évoque également des prix plus (trop ?) bas dans certaines de ses activités, sans préciser lesquelles. Si c’est le placement tarifaire agressif des SSD SanDisk qui est en cause, on pourrait s’attendre à les voir légèrement remonter dans les prochains mois.

 

Cet article a été rédigé pour Cowcotland et peut être retrouvé à l'adresse suivante : http://www.cowcotland.com/news/46974/cowcot-entreprises-sandisk-tourmente.html

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