Atos est une SSII française qui propose principalement des prestations d’infogérance et de conseil. Il y a un mois environ, l’entreprise a annoncé avoir conclu un accord avec Xerox, lui permettant de récupérer la division « Information Technology Outsourcing », en d’autres mots l’externalisation des services informatique

Qu’achète Atos ?

L’accord entre Atos et Xerox contient deux volets. Le premier concerne le rachat de Xerox ITO par Atos : la division « Information Technology Outsourcing », c’est-à-dire externalisation des processus informatiques, va intégrer Atos.

 

Xerox ne se sépare que d'un sous-division de sa branche "Services"
Xerox ne se sépare que d'une sous-division de sa branche "Services"

 

Cette acquisition va permettre au français de tripler son chiffre d’affaires aux Etats-Unis, et donc de s’imposer comme un acteur fort sur ce marché très demandeur. Deuxième volet de l’accord conclu, la collaboration entre les deux groupes va être renforcée, et Atos deviendra le premier fournisseur de solutions informatiques de Xerox, et en particulier de la division « Business Process Outsourcing ». Le montant total de l’opération est de 1,05 milliards de dollars, et la transaction devrait être finalisée au deuxième trimestre 2015.

 

Pourquoi Xerox se sépare-t-elle de sa division ITO ?

Cette division est l’une des moins performantes du groupe. Son chiffre d’affaires croît moins vite que celui des autres branches de Xerox, et surtout les marges opérationnelles diminuent inexorablement depuis plusieurs années, comme le montre ce graphique (les données 2014 sont des estimations).

 

Xerox CA et marge
La division ITO de Xerox n'est pas en grande forme

 

 

Xerox cherche donc à abandonner cette activité pour se concentrer sur ses autres services, en particulier le « BPO » (externalisation des processus d’affaires).

 

Des problèmes à l’horizon

D’une manière générale, les acquisitions amiables, comme c’est le cas ici, tendent à ne pas être aussi performantes que des rachats agressifs de type OPA, comme l’ont montré Raghavendra Rau et Theo Vermazlen en 1998. En effet, les secondes donnent généralement lieu à un changement de management rapide et à une réorganisation de l’entreprise lui permettant de gagner en productivité, et d’utiliser ses capitaux plus efficacement. Dans le cas d’Atos, il semble que de tels changements ne soient pas en vue, l’entreprise française affirmant se préparer à accueillir la direction de Xerox ITO au sein de son entreprise. Alors que les chiffres exhibés plus haut devraient conduire à remettre en question le management, il semble ici épargné.

En outre, un second problème pourrait se manifester pour Atos : le montant de la transaction est libellé en dollars américains. Or l’euro s’est effondré face au dollar ces dernières semaines, et cette tendance s’est renforcée depuis mercredi et l’annonce d’une nouvelle politique monétaire de la BCE. Ainsi, alors que mi-décembre les 1050 millions de dollars représentaient 860 millions d’euros, ils valent aujourd’hui près de 925 millions d’euros.

Pour finir sur une note positive, que l’avenir se chargera de confirmer ou infirmer, il faut espérer d’une part qu’Atos se soit protégé contre les risques de change, et d’autre part qu’ils envisagent un changement significatif de stratégie et de management dans Xeros ITO, contrairement à ce que laisse penser leur annonce officielle.

 

Cet article a été rédigé pour Cowcotland et peut être retrouvé à l’adresse suivante : http://www.cowcotland.com/news/45972/cowcot-entreprises-atos-xerox.html

Email this to someoneTweet about this on TwitterShare on FacebookShare on TumblrShare on LinkedInShare on Google+Pin on Pinterest

Comments are closed.