Il y a quelques années, les adresses mail « aol.com » étaient monnaie courante. Aujourd’hui, d’autres ont pris sa place, et AOL, ancien géant d’internet, semble s’être effacé petit à petit. Mais mardi dernier, Verizon, l’un des plus gros opérateurs mobiles Américain, annonçait qu’il rachetait AOL.

verizonaol
AOL, qu’est-ce au juste ?

AOL est un groupe dont l’histoire commence en 1983 sous le nom de CVC. S’affirmant rapidement comme l’un des principaux fournisseurs de contenu aux Etats-Unis, moyennant un abonnement d’abord à l’heure puis mensuel, AOL s’est taillé une place parmi les plus grosses entreprises dans le secteur Internet.

Son point culminant a certainement été la fin des années 1990, avant de subir les aléas de la bulle Internet en 2000, puis à subir un scandale comptable (les états financiers étaient en partie falsifiés) forçant l’entreprise à assumer 99 milliards de dollars de pertes en 2002. Un léger sursaut surviendra certes lorsque les services de l’entreprise (dont les mails et AOL Messenger Internet, aka AIM) deviendront gratuits en 2006, mais AOL semble appartenir au passé. Il n’a pas réussi à s’adapter ni à innover suffisamment à l’ère des réseaux sociaux, et comme le disait Andrew Grove, cofondateur d’Intel, « seuls les paranoïaques survivent ».

Même s’il a raté une marche, le groupe n’est pas mort pour autant : c’est aujourd’hui le troisième fournisseur de vidéo aux Etats-Unis en termes de nombre de visiteurs (sans surprise derrière Google et Facebook) et le premier en termes de revenu publicitaire généré. AOL possède de nombreux sites internet, dont TechCrunch, Huffington Post, Engadget, et bien d’autres, sur lesquels sont actifs plus de 9,000 auteurs, occasionnels ou réguliers, de Bill Gates à Scarlett Johansson.

aolandco

Le rachat par Verizon

Verizon a donc annoncé mardi dernier (12 mai) vouloir racheter Aol, pour un montant d’environ 4,4 milliards de dollars. A titre de comparaison, Whastapp avait été racheté par Facebook pour 19 milliards de dollars l’année dernière… Dont plus de 4.5 milliards de dollars en cash ! Le montant n’est donc pas particulièrement impressionnant.

Mais pourquoi racheter Aol ? Verizon mise sur deux activités d’AOL pour créer des synergies avec son groupe : la vidéo et la publicité. Verizon cherche en effet à développer la diffusion de vidéo sur les smartphones de ses abonnés, les « digital natives » étant sa cible privilégiée. De ce fait, AOL n’est pas un partenaire absurde, loin de là, étant le troisième fournisseur de contenus vidéos américain.

Par ailleurs, AOL a essayé ces dernières années de développer son activité publicitaire grâce à des algorithmes permettant de proposer une publicité la plus ciblée possible. Il ne fait pas de doute que la possibilité pour Verizon d’identifier la position géographique de ses clients ne pourra que rendre l’algorithme plus efficace, et donc assurer d’importants revenus publicitaires à Verizon grâce à AOL.

Enfin, cette acquisition aura fait au moins un heureux : le PDG d’AOL, Tim Armstrong, pourra se consoler de perdre son poste avec les 179 millions de dollars qu’il devrait retirer de la transaction, que ce soit via des stock-options, ou par la vente des titres d’AOL qu’il possède déjà. Il est en effet actionnaire de l’entreprise à hauteur de 6.7%. Pour rendre justice à Tim Armstrong, son action aura permis à AOL d’assainir notablement son modèle économique, mettant avec succès l’accent sur la publicité, dont les revenus ont augmenté de 38% entre sa nomination en tant que PDG en 2009 et aujourd’hui.

Cet article a été rédigé pour Cowcotland et peut être retrouvé à l’adresse suivante : http://www.cowcotland.com/news/47701/cowcot-entreprises-aol-verizon.html
Email this to someoneTweet about this on TwitterShare on FacebookShare on TumblrShare on LinkedInShare on Google+Pin on Pinterest

Comments are closed.