Pour survivre et rester compétitifs, les juristes vont progressivement devoir recourir à la legaltech au cours des années à venir, et se resserrer sur un coeur de métier à forte valeur ajoutée. Les services d'automatisation juridique vont progressivement ronger des pans de plus en plus élaborer des métiers du droit. 

C’est en résistant à ce processus d’automatisation que les acteurs du monde juridique participent au changement qu’ils souhaitaient initialement retarder. En effet, devant réduire leurs coûts face à la concurrence de ces startups et nouveaux services digitaux, les cabinets d’avocats et autres professions juridiques vont de plus en plus fréquemment devoir recourir à des services abordables fournis par la concurrence. Les services disruptifs de la legaltech vont en quelque sorte générer de plus en plus de demande en forçant les métiers classiques du droit à revoir leur structure de coûts et leur tarification, et donc à recourir à l’externalisation de certaines tâches juridiques à la valeur ajoutée trop faible que pour pouvoir être traitée en interne.

Se plaçant dans une perspective de compétition, les cabinets d’avocats sont donc lentement contraints de revoir leurs modalités de tarification. En janvier 2016, dans un rapport intitulé How Legal Technology Will Change the Business of Law (Comment les technologies juridiques vont changer le marché du droit), le Boston Consulting Group (BCG) anticipe et décrit cette adaptation. Les cabinets d’avocats et de conseil juridique, pour résister à la concurrence de la legaltech, doivent revoir leur structure de coût et la tarification de leurs services. Les professions juridiques sont contraintes de s’orienter vers des tarifs fixes pour résister à l’offre des startups proposant d’emblée cette transparence des prix. En conséquence de cette révision tarifaire, les coûts devront être limités et un nombre croissant d’aspects automatisables des services juridiques laissés à des acteurs tiers… de la legaltech elle-même.

Pour survivre, la « robe » va donc devoir recourir au « robot », et contribuer ainsi à sa propre dissolution. Il est probable que l’on assiste au cours des années à venir à une « boucle concurrentielle », où les anciens acteurs de l’industrie déstabilisée se retrouveront contraints de recourir aux services digitaux ayant perturbé la bonne santé de leur business.

Mais de tous les services décrits précédemment, aucun ne semble pouvoir véritablement remplacer la part de valeur ajoutée la plus importante du métier d’avocat ou de conseiller juridique, c’est-à-dire l’aide à la prise de décision et la fonction de conseil. En effet, un document intelligent ou un contrat dynamique n’apportent rien en terme stratégique. Un contrat standardisé est certes pratique, mais n’aidera pas une entreprise au-delà des économies de ressources permises par l’automatisation. En somme, pourquoi les métiers classiques du droit doivent-ils craindre les legaltechs ?

 

Source : ParisTech Review

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