L'entrepreneur

Vous l'aurez compris, Business Cycles tient l’actualité économique et financière à coeur. C’est toujours avec grand plaisir que nous vous parlons de la dette grecque, des bourses chinoises et de tant d’autres sujets ! Mais une autre passion bien plus puissante nous anime : celle des nouvelles technologies et de l’innovation. Afin de contenter notre curiosité tout comme celle de nos lecteurs, nous avons décidé de lancer une série d’articles intitulés "L’Entrepreneur". Dans cette rubrique, nous nous attacherons à donner la parole aux entrepreneurs, ces agents que J.A. Schumpeter n'hésitait pas à qualifier de "révolutionnaire[s] de l'économie !". Notre premier épisode nous permet de découvrir Michaël Brouard et Meloflow !

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Bonjour Michael ! Peux-tu te présenter rapidement ?

Bonjour ! En deux mots je suis entrepreneur spécialisé dans les nouvelles technologies. Je suis fasciné par l’innovation surtout lorsque celle-ci est rendue possible par une nouvelle technologie disruptive… Je suis ingénieur et j’ai également fait un MBA, ce qui m’a permis d’acquérir de bonnes notions business avant de démarrer mon projet entrepreneurial.

Parle nous un peu plus de Meloflow … La génèse du projet et où tu en es maintenant ?

Avec plaisir, Meloflow est une app disponible sur iPhone et iPad qui vise à faciliter l’apprentissage et la pratique d’un instrument de musique. L’idée du projet est née lors de l’émergence de l’iPad, puis du marché des tablettes numériques. J’ai été rapidement convaincu que ces objets - de par la connectivité et interactivité qu’ils offrent - finiraient peu à peu par remplacer le traditionnel papier dans beaucoup d’usages notamment ceux liés à la pratique musicale. Meloflow  est notamment capable, grâce au microphone intégré de l’appareil, d’entendre le musicien jouer et de lui donner des retours qualitatifs sur sa pratique, de suivre automatiquement son jeu ainsi que de faire défiler la partition à sa vitesse! Nous utilisons tous ces outils pour créer des programmes d’apprentissage personnalisés, afin que chacun puisse apprendre la musique comme il l'entend et que cela reste un plaisir! C’est assez révolutionnaire dans un secteur qui n’a pas évolué depuis des décennies…

Après avoir obtenu un financement de BPI France, nous avons (avec mon associé) refait à neuf le design de l’application, revu son branding et son positionnement, et porté l’app sur iPhone! Nous préparons un gros lancement de Meloflow sous ses nouveaux habits pour convaincre un maximum de monde d’en faire leur outil principal pour leur pratique musicale.

Quels sont tes prochains objectifs pour Meloflow ?

Notre nouveau lancement approche, et on a beaucoup travaillé le produit sur de multiples retours d’utilisateurs et de professeurs de musique. Les avis sont de plus en plus positifs et on pense donc avoir un produit qui répond bien aux besoins de notre cible. Il nous faut maintenant le confirmer à plus grande échelle.

Il nous reste également à travailler notre croissance et notre stratégie d’acquisition clients, qui sont des points très importants et souvent difficiles sur le marché des applications mobiles. On cherchera ensuite rapidement à lever des fonds pour accompagner notre croissance et continuer d’innover sur notre solution. L’objectif est de devenir un acteur incontournable de la pratique musicale dans le monde.

Etant de confession schumpéterienne, Business Cycles a un respect considérable pour les entrepreneurs. Henry Ford qui en était un à l’époque a un jour dit: « The man who thinks he can and the man who thinks he can’t are both right. » Que penses-tu de cette citation ? Le contexte législatif, économique et social français remet-il en cause ce principe ?

J’aime beaucoup les citations d’entrepreneurs célèbres, et celle-ci est particulièrement vraie. Entreprendre n’est pas chose aisée, et il est rare d’avoir du succès sans passer par une longue série de tentatives ratées et d’échecs au préalable. Cet héritage nous aide à rester positif, à ne pas baisser les bras, et à donner du sens à ce que l’on fait. Un entrepreneur doit croire en lui et en ses capacités à réaliser l’impossible, à changer les lignes de manière radicale, mais doit aussi être très réaliste pour trouver le plus court chemin vers la réussite. C’est une remise en question permanente de ses choix, sans se remettre en question soi…

En France, la première barrière à l’entrée reste la peur de l’échec et l’aversion au risque de manière générale. Cet aspect culturel rend beaucoup plus difficile l’innovation à bien plus de niveaux qu’on ne l’imagine: plus difficile de trouver une équipe compétente prête à se lancer, plus difficile d’être suffisamment financé pour rester compétitif, plus difficile de trouver des premiers clients prêt à vous faire confiance, etc…

Un chef de projet dans un grand groupe qui n’a pas dépassé le délai ni le coût alloué sera acclamé même si le projet n’est pas justifié économiquement, alors qu’un autre prenant des risques pour tenter de nouvelles choses sera très sévèrement pénalisé en cas d’échec et tout juste remercié en cas de succès. Cette culture nuit à la création de valeur sur le long terme et est très dommageable pour l’économie française.

Tout n’est cependant pas noir et beaucoup d’initiatives politiques et sociale sont en train de faire bouger les choses. La « French Tech » en est une. La nouvelle génération est là et sait qu’il faut changer les codes.

Que penses-tu de la « French tech » ? est-ce que ça marche ? D’autres aspects à explorer ?

J’ai un avis plutôt positif sur la French Tech, mais ce n’est qu’un début. En terme d’image pour l’étranger, c’est bien de chercher à valoriser les compétences françaises derrière une marque et une institution commune, mais ils leurs restent encore beaucoup de travail pour que cela porte ses fruits. D’autres initiatives privées comme TheFamily sont également très bénéfiques pour l’écosystème en France, en apportant un réel savoir-faire de création de startup.

Maintenant ce qui serait encore mieux c’est que le gouvernement les considère réellement et arrête de donner une image déplorable de la France en cédant aux lobbies des taxis sans aucune discussion préalable avec les acteurs innovants. Les sites spécialisés startup étrangers ne parlaient que de ça et riaient de la création du visa entrepreneur Français annoncé au même moment, ce qui était pourtant une bonne initiative…

Quel est ton avis sur le crowdfunding ?

Très positif : le crowdfunding a permis l’émergence de nouveaux business models et va continuer. La réduction du risque financier est déterminante sur beaucoup de projets qui n’auraient pas pu voir le jour sans et c’est tant mieux. Le marché doit encore s’éduquer et murir mais c’est déjà très positif. Nous pensons très fortement lever des fonds en crowdfunding pour Meloflow!

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Nous remercions très chaleureusement Michaël Brouard de nous avoir accordé de son précieux temps, inaugurant ainsi le premier épisode de L’Entrepreneur !

 

Retrouvez Meloflow :
Site web : http://meloflow.com/fr/
Facebook : https://www.facebook.com/MeloflowApp
Twitter : https://twitter.com/meloflowmusic

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