Certains parlent déjà de « Black Monday ». Business Cycles préfère parler de lundi rouge. Aujourd’hui aura été une journée de panique pour les marchés financiers. Retour sur les différents événements qui ont marqué la journée :

Les marchés asiatiques plongent

Depuis plusieurs semaines, les marchés financiers chinois sont en baisse, et seule la perfusion du gouvernement chinois parvient à les maintenir à l’équilibre ou légèrement dans le vert. Mais alors que les investisseurs pensaient que le gouvernement s’apprêtait à s’engager encore plus pour soutenir les cours boursiers, il n’en a rien été.

La rumeur courrait en effet que le gouvernement s’apprêtait à réduire le ratio de réserves obligatoires (RRR ou « Required reserve ratio » en anglais). Cela aurait eu pour effet de libérer une quantité formidable de liquidités détenues par les banques par sécurité.

Mais en l’absence de telles mesures prises par le gouvernement, les marchés chinois se sont réajustés pour prendre en compte l’absence prévisible de liquidité, et par conséquent la faiblesse à attendre de la demande. Cette baisse a été encouragée par la faiblesse actuelle de la demande nationale chinoise. En effet, l’augmentation d’importation de matières premières par la Chine est au plus bas, telles que les métaux ou encore du pétrole, comme le suggèrent les cours extrêmement bas de ces marchandises (au plus bas depuis 16 ans). Le consensus voulait que le gouvernement supporterait le Shanghai Composite à 3 500 points. Il n'en a rien été. Dans les premières secondes de la séance de ce lundi, le plancher était franchi.

En outre, la politique monétaire de dévaluation du yuan a augmenté l’impact de la baisse des bourses chinoises sur les places financières internationales.

Le bilan de la journée en Chine est donc rude : Shanghai perd 8.49%, Shenzhen 7.70%. 800 actions ont atteint la limite de 10% de baisse journalière, et ont donc vu leur cours suspendu. Ce choc formidable s’est très vite répercuté en Asie, Hong Kong cédant 5.69%, Taiwan 4.84%, Tokyo 4.61% et Séoul 2.47%.

Ce n'était qu'une question d'heures avant que la crise ne soit d'ampleur mondiale, exacerbé par les faibles volumes d’échange de fin août.

L’Europe dans le rouge

Les marchés européens ont ouvert la session en très forte baisse, digérant d’une part la démission encore fraîche de Tsipras, mais commençant également à subir de plein fouet les derniers développements des marchés chinois.

Les bourses de Paris, Madrid, Milan et Amsterdam notamment ont plongé de plus de 5  %. En séance, l’indice CAC 40 a même chuté de 8,65  %, tombant à 4.230 points. A ce moment-là, il était repassé en territoire négatif depuis le début de l’année. De son côté, le Dax allemand a perdu 4,70 %, retombant sous les 10.000 points pour la première fois depuis le 14 janvier. Mais la raison semble revenir aux investisseurs et des acheteurs entrent sur le marché. Il est encore trop tôt pour savoir précisément ce qui a permis au marché de remonter en Europe, et sur le pourquoi du point d’inflexion du CAC 40. L’ouverture des marchés américains a potentiellement put atténuer la pression ressentie en Europe.
Si l'Europe semble être plus touchée à l'heure où nous écrivons cet article, cela reflète particulièrement l'exposition des entreprises européennes à la Chine, en moyenne deux fois plus élevée que l'exposition des entreprises américaines. Aussi attend-on que la baisse de l'Eurostoxx soit plus élevée que celle du S&P500.

 

Aux Etats-Unis, une situation exceptionnelle

Outre-atlantique, l’ouverture a été particulièrement difficile : l’échange des Futures, ces contrats qui permettent de parier sur l’évolution des indices boursiers à une échéance donnée, ont été suspendus pour les contrats portant sur le S&P 500, le Dow Jones Industrial Average et le Nasdaq Composite. Cette suspension a été déclenchée par des cours menaçant de franchir la limite journalière de variation négative.

Lors de l’ouverture des marchés financiers américains, la plupart des cours étaient en forte baisse. Cependant, ils ont peu à peu repris du poil de la bête à mesure que la séance s’est avancée.

L’un des éléments ayant permis un tel revirement est la performance remarquable d’Apple, qui a été provoqué par la publication d’un mail privé adressé par le PDG d’Apple Tim Cook à Jim Cramer. En l’absence de confirmation ou infirmation de la part de la firme à la pomme, nous préférons ne pas nous avancer quant à la véracité de cet email. Toujours est-il que les investisseurs ont pris bonne note du ton positif et optimiste du mail, et ont fait remonter Apple dans le vert. Cet événement sera couvert plus en détail dans les prochains jours, mais une chose est sûre : si cet événement ne relève pas du délit d'initié, il s’agit dans tous les cas d’une manipulation du marché, une telle information étant supposée être révélée dans un formulaire rempli auprès du régulateur des marchés américains, la SEC. Apple était temporairement en baisse de 13% durant la séance, soit une perte équivalente à 78 milliards de dollars. De son côté, Facebook plonge de 15 % à l’ouverture et perd 35 milliards de capitalisation, sans publication particulière. Le marché a très certainement surréagi en ce lundi rouge, bien que le contexte macro-économique soit fragile. Du côté des devises, l’euro s’est nettement apprécié, gagnant presque 2% contre le dollar.

Cet événement va très certainement pousser la FED a réviser sa volonté de remonter ses taux en septembre. Il semblerait que l'économie ne soit pas encore prête pour ça !

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