Alors que les réformes proposées par Alexis Tsipras ont été largement plébiscitées par le parlement grec (251 voix ont soutenu le Premier ministre sur 300 sièges), les négociations s'annoncent tout de même dures à Bruxelles. Wolfgang Schäuble parle de négociations «extrêmement difficiles» quand le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, estime que les réformes présentées par le gouvernement grec « ne suffisent pas ». L'Allemagne a même proposé une sortie organisée de 5 ans ! Le manque de confiance envers la Grèce pousse à reconsidérer le scénario du Grexit. Que se passerait-il?

  • Une reconstruction difficile: le retour au drachme (ou la généralisation de l'IOU ?) serait probablement accompagné d'une dévaluation de 30 à 40%. Cette dévaluation, qui viendrait mécaniquement renchérir la dette grecque, pousserait la Grèce à faire défaut. Le scénario le plus incroyable serait celui d'un haircut de 100%. Du jours au lendemain, la dette grecque serait de 0€. Cependant, et c'est là que le bât blesse, la Grèce ne pourrait recourir au marché pour obtenir un financement de court ou long terme. Elle devra donc nécessairement dégager un excèdent primaire, et par conséquent faire ce qu'Alexis Tsipras a eu jusqu'ici bien du mal à accepter: des réductions de dépenses. Coupes dans les retraites, dans les salaires, dans l'administration. Autant de mesures qui rapprocheraient la Grèce d'une spirale déflationniste. Une situation extrêmement délicate pour un pays qui importe les 3/4 de sa consommation ...
  • Et pour les pays membres ? Globalement, l'impact pour les autres pays serait assez faible, en ce sens que la dette grecque est majoritairement détenue par des institutions internationales ou européennes, qui ont toutes droit d'avoir des fonds propres négatifs. Quant à la contagion, la réponse est simple: les banques européennes ne détiennent que très peu d'obligations grecques. Mais le marché est parfois surprenant. Alors que l'Espagne a fait une annonce publique pour empêcher toute comparaison avec la Grèce, les investisseurs pourraient bien prendre peur et estimer que les prochains sur la liste sont l'Espagne, l'Italie ou encore la France ! Mais cette hypothèse relève pour le moment plus de la science-fiction. Les spreads nous diront lundi de quoi l'avenir est fait ...

 

Email this to someoneTweet about this on TwitterShare on FacebookShare on TumblrShare on LinkedInShare on Google+Pin on Pinterest

Comments are closed.